Bonjour à tous les lecteurs de nophone.blog !
Aujourd'hui, on aborde un combo explosif : le smartphone dans les transports en commun. Métro, bus, RER, train... Ces moments "perdus" où l'ennui nous pousse à sortir notre portable pour scroller, checker les notifs ou payer un truc rapidement. Résultat ? Un cocktail de distractions qui transforme un simple trajet en zone à risques. Physique, financier, sécuritaire... Les dangers sont multiples, et ils sont bien réels.
Marcher les yeux rivés sur son écran dans un quai bondé ou une rame secouée ? C'est une recette pour l'accident. La RATP elle-même le dénonce dans ses campagnes de prévention : "marcher sur les quais les yeux rivés sur son smartphone" est listé parmi les comportements dangereux, aux côtés de courir pour attraper le métro ou bloquer les portes.
Chaque année en France, des centaines d'accidents dans les transports sont liés à l'inattention. Tomber sur les voies, se faire coincer dans les portes, heurter quelqu'un... Et pire : des chutes mortelles. Les smartphones amplifient ça parce qu'ils captent toute notre attention – une notification, et hop, on rate le trou entre le quai et la rame.
À l'international, les études confirment : utiliser son téléphone en marchant augmente le risque d'accident piéton de manière significative, surtout dans un environnement bruyant et mouvementé comme le métro.
Scotché à votre écran ? Vous êtes la cible idéale pour les voleurs. En France, les vols de portables explosent dans les métros (Paris, Lille, Lyon...). Les pickpockets adorent les victimes distraites : un téléphone qui dépasse de la poche, tenu à la main pour une vidéo TikTok, ou sorti pour une photo... Et paf, il disparaît en une seconde aux portes qui se ferment.
Selon une étude du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI, Interstats Analyse n°59, mai 2023, données 2013-2018), le téléphone portable est l’objet le plus souvent volé dans les transports en commun (42 % des vols déclarés), et seulement 31 % des victimes déposent plainte. Conseil simple : rangez-le dans une poche intérieure, main dessus, et restez vigilant. Pas de scrolling infini en public !
Un exemple concret et malheureusement fréquent : les doubles facturations liées au paiement sans contact via smartphone.
À l'étranger, c'est bien documenté. À New York avec le système OMNY, activer le mode "Express Transit" sur Apple Pay peut causer des doubles débits si le téléphone (dans la poche) tap accidentellement le valideur en plus d'une autre carte (source : ABC7 New York, 2020 ; The Points Guy). À Londres avec Transport for London, mélanger devices (téléphone pour l'entrée, montre ou carte pour la sortie) mène à une facturation double du tarif maximum, car chaque appareil est vu comme séparé (source : London TravelWatch, 2023 ; MyLondon, 2022).
En France, avec le déploiement du Navigo sur téléphone et du sans-contact, des problèmes similaires émergent : dans certaines gares (comme Montparnasse depuis 2025), les valideurs ne reconnaissent pas toujours les correspondances, débitant un second ticket (source : Frandroid, 2025). Des usagers rapportent aussi des doubles débits lors de correspondances métro-RER avec Navigo Easy ou Liberté+ (sources : Le Parisien, 2019-2025 ; Capital.fr, 2025). Et pour se faire rembourser ? Il faut souvent contacter le transporteur... Perte de temps et d'argent garantie, tout ça à cause de la distraction et des mouvements dans la foule.
Pire encore : distraction + app bancaire ouverte = risque de mauvais virement ou clic impulsif sur une pub. Les secousses de la rame font valider "confirmer" par erreur... Et bonjour la perte d'argent !
Portable + transports = danger. Point. Ces moments devraient être l'occasion de déconnecter : observer autour de soi, lire un livre (vrai !), ou simplement réfléchir. Au lieu de ça, on s'expose à des risques inutiles pour un shot de dopamine éphémère.
Chez nophone.blog, on le dit et on le répète : essayez le "no phone challenge" dans le métro. Vous verrez, le trajet passe plus vite, et vous arrivez plus serein... et en sécurité.
Dans notre ère hyperconnectée, beaucoup d'entre nous luttons contre des habitudes numériques toxiques : le scrolling infini sur TikTok ou Instagram, les notifications qui nous interrompent constamment, ou encore les soirées passées à binge-watcher des séries. On se promet d’arrêter, mais le lendemain, on reprend son téléphone dès le réveil. Pourquoi est-ce si dur de s'en défaire ? Ce n'est pas juste une question de manque de volonté. La science explique tout.
Les apps sociales et les plateformes de streaming sont conçues pour activer notre système de récompense cérébral, en libérant de la dopamine – le neurotransmetteur du plaisir et de la motivation. Chaque like, commentaire, ou nouvelle vidéo drôle procure une petite "dose" de satisfaction immédiate. À force, le cerveau associe l'écran à une gratification rapide, transformant l'usage en habitude compulsive.
Le plus vicieux ? Les récompenses intermittentes. Vous ne savez jamais si le prochain swipe vous apportera un contenu génial ou banal. C'est exactement comme une machine à sous : l'incertitude maintient l'excitation et pousse à continuer. Des études classiques en psychologie montrent que ce type de renforcement est le plus difficile à éteindre.
Avec la répétition, ces comportements deviennent automatiques grâce aux ganglions de la base, une zone du cerveau qui gère les habitudes. Prendre son téléphone devient un réflexe, bypassant souvent le contrôle conscient du lobe frontal. Ajoutez à cela la conception intentionnelle des apps (algorithmes personnalisés, scrolls infinis, notifications push) par les géants du tech pour maximiser le temps passé... et vous avez une recette parfaite pour l'addiction.
La bonne nouvelle : comprendre ces mécanismes est déjà un grand pas. Voici quelques astuces concrètes :
Ce n'est pas facile, car on lutte contre une biologie exploitée par des designs malins. Mais avec de la patience et de la conscience, c'est possible de retrouver un équilibre sain.
Et si votre téléphone était le principal obstacle entre vous et une vie qui a du sens ?
Non pas parce qu’il vous rend addict (on le sait), mais parce qu’il détruit la possibilité même du rituel – et donc de toute forme stable, belle et gratuite. Byung-Chul Han explique pourquoi. »
Je relis La Disparition des rituels de Byung-Chul Han et une phrase me frappe de nouveau : les rituels stabilisent la vie parce qu’ils créent des îles de temps non productif, des gestes qui ne servent à rien d’autre qu’à être là.
Or le smartphone est l’anti-rituel absolu.
Un rituel, c’est un geste qui dit : « Ceci n’a pas besoin d’être utile pour avoir du sens. »
Un smartphone, lui, hurle l’inverse : « Si ça ne produit pas de donnée, d’attention ou de réponse immédiate, ça n’existe pas. »
Du coup on n’a plus de rites de passage, plus de seuils marqués, plus de moments où on accepte de ne rien « faire ». On a des stories qui expirent en 24 h, des playlists en aléatoire infini, des relations qu’on swipe. Tout est devenu événementiel, ponctuel, jetable.
Et pourtant le corps, lui, continue de réclamer des formes : se lever à la même heure, boire son café dans la même tasse, marcher jusqu’au même banc, allumer une bougie le soir. Des micro-rituels qu’on bricole en cachette, presque honteusement, comme des résistances minuscules à la grande déritualisation numérique.
Peut-être que la rébellion la plus radicale aujourd’hui, c’est de réintroduire de l’inutile magnifique.
Éteindre son téléphone avant le dîner.
Ne pas répondre après 21 h.
Reprendre le chemin long.
Répéter, sans poster.
Le meilleur portefeuille est celui qu’on oublie
On le dit tous : « Je suis long terme. »
Et pourtant l’appli du courtier est sur l’écran d’accueil, les alertes push sont activées, et on rafraîchit « juste pour voir ».
Pendant ce temps-là :
Le paradoxe est total :
plus on se répète qu’on est « long terme », plus on se comporte comme un day-trader sous amphétamines.
Or les chiffres sont cruels :
95 % des mouvements intraday s’annulent sur un an.
Chaque consultation du portefeuille multiplie par 5 la probabilité d’une décision stupide dans le mois suivant (Barber & Odean).
Conclusion qui dérange :
regarder les cours est l’activité la mieux corrélée avec la sous-performance long terme.
La vraie question qu’on évite tous :
« Si les marchés fermaient cinq ans mais que les entreprises continuaient de tourner, est-ce que je dors tranquille ? »
Si la réponse est non → on n’investit pas, on spécule.
Si la réponse est oui → on n’a plus aucune raison de regarder les cotations.
Phrase à placarder quelque part (ou à ignorer, c’est selon) :
« Vérifier son portefeuille plus souvent que sa brosse à dents, ce n’est pas de l’investissement, c’est du gambling en costume. »
Fin de la parenthèse.
On peut refermer l’onglet et aller vivre.
Mode avion activé ✈️
On entend partout parler d’objectifs : « Fixe-toi des SMART goals », « Fais ton morning routine », « Track tes KPIs de vie »… C’est bien, mais la plupart de ces systèmes reposent sur des applis, des notifications, des streaks, des tableaux de bord… Bref, sur une connexion permanente et sur la dopamine rapide.
La lecture, elle, propose quelque chose de radicalement différent : un objectif simple, mesurable, atteignable, sans aucune connexion requise.
Tu ouvres un livre.
Tu te fixes : « Je lis 20 pages par jour » ou « Je termine ce roman avant la fin du mois ».
Et c’est tout. Pas de badge, pas de compteur public, pas de risque de rater ta journée si ton téléphone est éteint. Juste toi et ton engagement personnel.
Et pourtant, cet objectif apparemment « vieux jeu » est incroyablement puissant parce que :
C’est peut-être la seule activité quotidienne qui coche à la fois « développement personnel », « plaisir » et « zéro pression sociale ».
Et c’est là que la liseuse devient l’outil parfait pour ce genre d’objectif.
Pourquoi ?
Résultat : depuis que j’utilise une liseuse, je tiens mes objectifs de lecture comme jamais. Je lis environ deux fois plus qu’avant, sans effort supplémentaire, juste parce que l’outil enlève toutes les micro-frictions et toutes les tentations.
Lire redevient ce que ça n’aurait jamais dû cesser d’être : un moment rien qu’à soi, un petit contrat personnel quotidien, une progression tranquille et réelle.
Et toi, est-ce que tu te fixes des objectifs de lecture ? Combien de livres par mois ou par an ? Et surtout : est-ce que tu arrives à les tenir dans ce monde hyper-connecté ?
Ma demi-heure sans électricité : le petit rituel qui a tout changé
Je n’ai jamais été accro aux écrans. Mais comme presque tout le monde, j’avais fini par vivre en permanence « allumé » : téléphone à portée de main, box qui tourne, notifications qui rythment les journées, lumières et appareils en veille.
Un jour, j’ai décidé d’essayer une expérience toute simple : 30 minutes par jour complètement déconnecté. Pas juste en mode silencieux. Vraiment déconnecté. J’éteins le téléphone, je débranche la box, et je coupe même le disjoncteur général. Tout l’appartement plonge dans le noir et le silence.
Les premières fois, c’est déstabilisant. Le cerveau cherche son petit shoot d’informations. Puis, très vite, le calme arrive. Un vrai calme.
Je redécouvre le bruit de la ville au loin, le craquement du parquet, la sensation du papier sous les doigts quand je lis à la bougie ou quand j’écris dans un carnet. Parfois je ne fais rien du tout : je m’assois, je respire, je regarde la flamme danser. Et c’est tout.
Ce qui devait durer trente minutes est rapidement devenu quarante-cinq, puis une heure, parfois plus. Parce que ce moment est devenu, sans que je m’y attende, le moment principal de ma journée. Celui où je me repose vraiment. Celui que je protège même quand la journée est chargée.
Je n’ai pas renoncé au numérique (loin de là), mais je l’utilise désormais différemment : quand je rallume tout, je le fais en conscience. Le monde digital est redevenu un outil, pas une ambiance permanente.
Alors je vous passe le relais, simplement : essayez 30 minutes. Une seule fois, puis une autre, puis autant que vous voudrez.
Coupez tout. Vraiment tout.
Installez-vous dans le silence et la pénombre.
Et laissez venir ce qui vient.
Vous verrez : le silence n’est jamais vide.
Il est juste plein de vous.
On va être honnête : la plupart d’entre nous (moi le premier il y a quelques années) croyons que la confidentialité se gagne en empilant les outils.
VPN, Signal, Tor, ProtonMail, bloqueurs de trackers… On coche toutes les cases de la « bonne hygiène numérique » et on se dit « ça y est, je suis protégé ».
En réalité, on oublie l’essentiel : tant que tu passes ta vie en ligne, tu restes parfaitement identifiable.
Pas forcément par le contenu de tes messages (qui est souvent bien chiffré), mais par tes habitudes et ton rythme de connexion.
Même avec un VPN ou Tor, le simple fait de te connecter tous les jours à peu près aux mêmes heures, pendant des durées similaires, depuis le même quartier ou la même ville, crée une signature unique.
Quelques exemples concrets issus d’études académiques :
Autrement dit : ce n’est pas ce que tu dis qui te rend visible, c’est quand tu le dis (et pendant combien de temps).
Chaque connexion laisse une petite trace quelque part :
Prises séparément, ces traces sont anodines.
Mises bout à bout et corrélées dans le temps, elles dessinent un portrait ultra-précis de ta vie.
Les personnes qui ont réellement besoin de rester discrètes (journalistes en zone à risque, lanceurs d’alerte, militants, etc.) appliquent toutes la même règle : elles limitent au strict minimum leurs fenêtres de connexion.
Se connecter 10 minutes depuis un lieu choisi, avec un appareil dédié, puis tout éteindre pendant des heures (voire des jours), casse complètement les corrélations temporelles. C’est ennuyeux, contraignant, mais ça marche.
Avoir les meilleurs outils du monde ne sert à rien si tu restes une lumière allumée en permanence dans une ville plongée dans le noir.
La question à se poser n’est plus seulement « comment je me protège ? », mais « est-ce que j’ai vraiment besoin d’être visible là, maintenant ? »
Éteins ton téléphone de temps en temps.
Le monde continuera de tourner.
Ta vie privée, elle, respirera enfin.
[1] de Montjoye et al., « Unique in the Crowd: The privacy bounds of human mobility », Nature Scientific Reports, 2013
→ https://www.nature.com/articles/srep01376
(Mise à jour avec 4 points temporels : 95 % de ré-identification)
[2] Rossi et al., « Spatio-temporal clustering of mobile phone users », Imperial College London, 2017
[3] « Your Apps Know Where You Were Last Night, and They’re Not Keeping It Secret », The New York Times, 2018
→ https://www.nytimes.com/interactive/2018/12/10/business/location-data-privacy-apps.html
[4] de Montjoye et al., « On the privacy-conscient use of mobile data », Stanford, 2021 (mise à jour des travaux précédents)
[5] « The Metadata Trap », Electronic Frontier Foundation, 2022
→ https://www.eff.org/deeplinks/2022/04/metadata-trap
Dans un monde où le smartphone est devenu le centre de notre vie numérique, il concentre en un seul appareil nos appels, nos messages, nos réseaux sociaux, nos photos, notre GPS et… notre musique. Cette omniprésence a un prix : chaque fois que l’on veut simplement écouter un album, on se retrouve à la merci des notifications, des appels intempestifs et de l’infini défilement des applications. Le baladeur numérique dédié (aussi appelé DAP, Digital Audio Player) propose une alternative radicale : un appareil conçu uniquement pour la musique et rien d’autre. Voici pourquoi de plus en plus de personnes font ce choix pour déconnecter réellement.
Un smartphone vibre, s’allume, affiche des alertes. Même en mode « Ne pas déranger », la tentation reste là : ouvrir Instagram « juste une seconde », répondre à un message, vérifier ses mails. Avec un baladeur dédié, cette porte d’entrée vers le flux incessant disparaît. L’appareil n’a ni Wi-Fi permanent, ni carte SIM, ni applications tierces. Il ne fait qu’une chose : lire vos fichiers audio. Résultat : quand vous lancez un album, vous l’écoutez vraiment, sans interruption parasite.
La plupart des baladeurs dédiés embarquent des convertisseurs numérique-analogique (DAC) et des amplificateurs bien plus performants que ceux intégrés aux téléphones. Le son est plus précis, plus dynamique, avec une scène sonore plus large. Mais au-delà de la technique, l’expérience psychologique change : on réapprend à écouter un disque en entier, sans zapper au bout de trente secondes. Le simple fait de sortir un deuxième appareil, de le prendre en main, de choisir consciemment sa musique crée une petite cérémonie qui favorise l’attention pleine.
Un smartphone tient difficilement une journée complète quand on écoute de la musique en haute résolution et qu’on utilise les réseaux en parallèle. Un baladeur dédié offre souvent 15, 20, voire 30 heures d’autonomie sur une seule charge. On peut partir en randonnée, en voyage en train ou simplement se balader en ville sans angoisser pour la batterie du téléphone. Cette autonomie libère aussi l’esprit : plus besoin de chercher une prise ou une batterie externe en urgence.
Utiliser un baladeur, c’est accepter de redevenir momentanément injoignable. Ce n’est pas une fuite, c’est une respiration. Beaucoup témoignent d’un apaisement réel : moins de dopamine liée aux notifications, moins de « doomscrolling » inconscient, plus de présence au monde sonore (la musique, mais aussi les bruits de la ville ou de la nature). C’est une forme de minimalisme numérique qui ne demande pas de supprimer son smartphone, juste de lui retirer temporairement une de ses fonctions.
Avec le streaming, la musique est devenue un flux illimité mais volatile. Le baladeur redonne de la matérialité à la collection personnelle : on transfère ses albums préférés (FLAC, DSD, WAV…), on organise ses dossiers, on redécouvre des pochettes en grand sur l’écran. L’appareil lui-même redevient un bel objet, souvent en métal ou en matériaux nobles, que l’on manipule avec soin – un contraste bienvenu avec le rectangle de verre fragile que l’on protège d’une coque.
Revenir à un baladeur numérique dédié n’est pas un caprice d’audiophile ou une lubie rétro. C’est une réponse simple et efficace à la surcharge informationnelle quotidienne. En séparant physiquement l’écoute musicale du téléphone, on se donne le droit de ne plus être joignable à chaque seconde, de réapprendre l’ennui créatif et l’écoute profonde. Et paradoxalement, on redécouvre souvent le plaisir pur et simple d’écouter de la musique – rien que de la musique.
Ces références (livres et articles facilement accessibles) permettent d’approfondir à la fois la dimension technique et la réflexion sur l’attention à l’ère numérique.
Titre original : Digital Minimalism: Choosing a Focused Life in a Noisy World
Édition française : Digital Minimalism : Vivre mieux avec moins de technologie (trad. Anatole Muchnik, Éditions Quanto, 2020 ; rééd. Pocket, 2022)
272 pages
Cal Newport, professeur d’informatique à Georgetown et auteur du best-seller Deep Work (2016), signe avec Digital Minimalism un livre à la fois pratique, rigoureux et profondément humain sur la façon de reprendre le contrôle de son attention dans un monde saturé de sollicitations numériques.
Le problème n’est pas que nous passons trop de temps sur nos écrans (cette critique est trop vague), mais que nous avons laissé les grandes plateformes optimiser notre temps cerveau pour leurs propres intérêts économiques. Leur modèle repose sur l’engagement maximal, pas sur notre bien-être. Face à cela, la solution n’est pas de « faire des pauses » ou de « limiter un peu » (ce que Newport appelle le « bricolage marginal »), mais d’adopter une philosophie radicale : le minimalisme numérique.
La deuxième partie du livre est un véritable mode d’emploi en trois étapes :
Digital Minimalism est devenu depuis sa sortie en 2019 l’un des ouvrages de référence sur la détox digitale, au même titre que How to Do Nothing de Jenny Odell ou Ten Arguments for Deleting Your Social Media Accounts Right Now de Jaron Lanier. Mais là où les autres sont souvent théoriques ou polémiques, Newport propose une méthode claire, testée par des milliers de lecteurs, et surtout durable.
À lire absolument si vous ressentez que votre téléphone vous possède plus que vous ne le possédez, et que les petites astuces (« 20 minutes de moins par jour ») ne fonctionnent plus.
Un livre qui ne vous culpabilise pas, mais qui vous redonne le pouvoir.
Note personnelle : cinq ans après sa publication, le diagnostic de Newport est plus pertinent que jamais. La seule chose qui a changé, c’est que les outils d’addiction (notifications, reels, algorithmes) sont encore plus sophistiqués. Raison de plus pour appliquer ses principes sans attendre.